Steely Dan en 2003
Everything Must Go est le neuvième album studio de Steely Dan et le dernier publié conjointement par Donald Fagen et Walter Becker. Il paraît en 2003, après leur retour avec « Two Against Nature ». Neuf nouvelles chansons prolongent leur alliance caractéristique de distance narrative, de personnages finement observés et de jeu collectif soigneusement agencé. Si vous connaissez surtout Steely Dan par ses célèbres disques des années 1970, cet album constitue un chapitre tardif important de leur collaboration, avec ses propres préoccupations et son identité.
Le titre de l’album suggère une liquidation commerciale, mais comme intitulé de tout le programme, il permet plusieurs interprétations. Ses chansons explorent les relations, l’image de soi, les affaires et différentes versions de la réalité. Les personnages peuvent s’exprimer avec aisance tout en révélant sur eux-mêmes quelque chose qu’ils ne reconnaissent pas. L’écart entre ce qu’un narrateur affirme et ce que l’histoire permet de comprendre offre une bonne piste d’écoute. Inutile de chercher immédiatement une explication définitive aux paroles ; le point de vue et le choix des mots peuvent nourrir durablement l’attention.
Un groupe de musiciens habitués à jouer ensemble est au cœur de l’album. Fagen rappellera plus tard que le groupe fonctionnait si bien qu’aller chercher d’autres musiciens aurait eu peu de sens. Cela donne une autre perspective que l’image familière d’une production Steely Dan où se succèdent sans fin les musiciens de studio. La liste des participants effectifs reste cependant la référence essentielle. Il ne faut ni la reprendre d’une formation de tournée ultérieure ni la reconstituer à partir de disques antérieurs. Sur cet album, la basse de Becker et la batterie de Keith Carlock assurent une part constante de l’assise musicale.
Un dernier album studio commun ne doit pas automatiquement être interprété comme un adieu délibéré. Les connaissances biographiques ultérieures peuvent changer la perspective d’écoute sans établir une intention jamais documentée. Il est plus éclairant de considérer comment Fagen et Becker prolongent leur langage commun en 2003 : par de nouvelles situations, des centres d’intérêt reconnaissables et un groupe dont les contributions peuvent être identifiées en détail. Pour les collectionneurs, c’est une raison d’aborder l’album comme une œuvre complète plutôt que comme la simple dernière entrée d’une chronologie.

Fagen, Becker et les musiciens derrière les chansons
Donald Fagen assure le chant principal sur huit morceaux et joue de plusieurs instruments à clavier. Walter Becker joue de la basse tout au long du disque, joue des solos de guitare et assure le chant principal sur « Slang of Ages ». Ce changement de chanteur est l’une des particularités du disque. Les deux hommes sont également crédités pour l’écriture, les arrangements et la production. Leur collaboration ne se résume donc pas à deux noms à la tête d’un groupe de studio : ils composent tout en participant directement aux interprétations.
Jon Herington et Hugh McCracken jouent de la guitare, tandis que Keith Carlock joue de la batterie sur les neuf titres. Ted Baker complète Fagen aux claviers. Bill Charlap participe également, au Rhodes sur « Godwhacker » et au piano sur « Pixeleen », selon les crédits détaillés de l’album. Cette distinction compte, car la simple mention « pianiste » ne précise pas tous les claviers effectivement joués. La rubrique des musiciens distingue donc les instruments et les interventions par titre, au lieu d’attribuer sans distinction l’ensemble des participants à chaque chanson.
Les interventions des instruments à vent sont précisées de la même manière. Walt Weiskopf joue des saxophones alto et ténor, Chris Potter du ténor sur « Lunch with Gina » et Roger Rosenberg du saxophone baryton. Michael Leonhart et Tony Kadleck jouent de la trompette, Jim Pugh du trombone et Ken Hitchcock de la clarinette. Les chœurs réunissent notamment Carolyn Leonhart, Catherine Russell, Cindy Mizelle et Tawatha Agee. La rubrique des musiciens recense 22 participants avec leurs rôles documentés. La variété vient de combinaisons particulières, et non d’un grand ensemble identique sur tous les morceaux.
Les deux nouvelles illustrations principales représentent séparément Fagen et Becker. Les visages ont pour modèle une photographie des deux musiciens formellement identifiée, datant de 2007, quelques années après l’album, et cette date ultérieure est explicitement indiquée. Les petits portraits existants dans la section des musiciens sont conservés. La distinction est utile à la lecture de l’histoire de l’album : une illustration accompagne le récit, tandis que les crédits documentent la participation musicale. Ni une image ni un nom familier ne remplacent une attribution exacte par morceau.

Du dernier centre commercial à la dernière chanson
« The Last Mall », « Things I Miss the Most » et « Blues Beach » occupent la première face. Leurs titres eux-mêmes rapprochent différents cadres et perspectives. « Things I Miss the Most » offre une occasion particulièrement utile de considérer la relation entre la perte et le langage employé pour la décrire. Quels éléments le narrateur choisit-il de mentionner, et que révèle cette sélection ? Ces questions conviennent à un groupe dont les personnages peuvent acquérir un sens supplémentaire par leur égocentrisme ou leur manque de fiabilité.
La deuxième face réunit « Godwhacker » et « Slang of Ages ». Le chant principal de Becker modifie une répartition familière des responsabilités. Il invite à écouter la relation entre un chanteur et un personnage. Des paroles n’expriment pas automatiquement l’opinion privée de l’interprète : elles peuvent construire un rôle, jouer avec son langage et laisser des contradictions en suspens. En tenir compte permet d’aborder Steely Dan avec plus de justesse que la recherche d’une simple explication autobiographique à chaque vers.
« Green Book » et « Pixeleen » forment la troisième face. Tous deux encouragent à réfléchir à la relation entre un monde représenté et une identité construite. Dans son propre commentaire, Fagen situe « Green Book » dans une rencontre virtuelle et décrit « Pixeleen » en lien avec une série d’action imaginaire. Ce sont des histoires où la réalité est déjà médiatisée. On peut y voir un lien intéressant avec la construction minutieuse de l’album en studio : le disque crée lui aussi son propre espace en sélectionnant et en organisant de nombreuses contributions différentes.
« Lunch with Gina » et le morceau-titre, « Everything Must Go », concluent le programme. Le morceau le plus long occupe donc la dernière place. Un titre qui évoque d’abord une annonce commerciale prend un autre poids à la fin d’un programme complet que dans une simple liste. Préserver l’ordre permet à cette conclusion d’émerger de ce qui la précède. Ce double LP contient ces neuf titres de l’album, sans transformer le disque en une compilation rétrospectivement augmentée.
Bernie Grundman et la source analogique
Analogue Productions AAPP 142-45 répartit l’album sur deux LP de 180 grammes à 45 RPM. Bernie Grundman a gravé la réédition directement à partir des bandes analogiques originales. Quality Record Pressings est identifié comme usine de pressing, et la présentation comprend une pochette gatefold traditionnelle de type tip-on. Ces détails décrivent cette réédition particulière. Ils ne doivent pas être confondus avec les crédits de mastering de la parution originale ni avec les caractéristiques techniques d’une édition SACD.
Les quatre faces contiennent respectivement trois, deux, deux et deux chansons. Cela signifie des changements de face plus fréquents qu’avec un LP simple, avec une présentation du programme clairement divisée. La source analogique documentée est notable pour un album paru en 2003, mais reste une description factuelle de la provenance. Elle n’établit pas à elle seule un verdict universel sur toutes les éditions alternatives. Pour choisir en connaissance de cause, il faut considérer à la fois l’édition précise, le mastering et le format qui convient le mieux à vos habitudes d’écoute.
Everything Must Go associe une formation tardive de Steely Dan à neuf chansons distinctes et à un ensemble minutieusement documenté. Vous commandez chez Michael 45 en Allemagne. Nous assurons l’importation depuis les États-Unis et l’expédition depuis Hilden. Les collectionneurs suivant l’évolution complète de Fagen et Becker trouveront ici une partie importante de cette histoire. Les nouveaux auditeurs peuvent découvrir une musique dont les récits et les relations méritent l’attention indépendamment des célèbres titres antérieurs du groupe.
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Musiciens
Participants et état des crédits documentés. Les références aux morceaux correspondent à la liste des titres.
- Donald Fagenportrait existant antérieurchant principal sauf B2 ; orgue A3/B2/C1/C2 ; synthétiseur B2 ; piano A3 ; Clavinet D2 ; Rhodes A1/A2/B2/C1/C2/D2 ; Wurlitzer A1/B1/D1 ; solos de synthétiseur B1/C1/D1 ; percussions C1/D2Participation : A1, A2, A3, B1, B2, C1, C2, D1, D2
- Walter Beckerportrait existant antérieurbasse sur tout l’album ; solos de guitare A1–A3/B1/C1 ; chant principal B2 ; percussions D2Participation : A1, A2, A3, B1, B2, C1, C2, D1, D2
- Ted Bakerpiano A1–A3/C1/D2 ; Rhodes D1 ; Wurlitzer B2Participation : A1, A2, A3, B2, C1, D1, D2
- Bill CharlapRhodes B1 ; piano C2Participation : B1, C2
- Jon HeringtonguitareParticipation : A1, A2, A3, B1, B2, C1, C2, D1, D2
- Hugh McCrackenportrait individuel existantguitareParticipation : A1, A2, A3, B1, B2, C1, C2, D1, D2
- Keith CarlockbatterieParticipation : A1, A2, A3, B1, B2, C1, C2, D1, D2
- Gordon GottliebpercussionsParticipation : A2, A3, B2, C2, D1
- Ken HitchcockclarinetteParticipation : C2
- Walt Weiskopfsaxophone alto A1 ; saxophone ténor A2/B2/C2/D2Participation : A1, A2, B2, C2, D2
- Chris Pottersaxophone ténorParticipation : D1
- Roger Rosenbergsaxophone barytonParticipation : A1, C2
- Tony KadlecktrompetteParticipation : A1
- Michael LeonharttrompetteParticipation : A2, B2, C2, D1
- Jim PughtromboneParticipation : A1, C2
- Tawatha AgeechœursParticipation : B1, B2, D2
- Ada DyerchœursParticipation : B2
- Michael HarveychœursParticipation : B2, C2, D1
- Carolyn Leonhartchœurs / partie vocale mise en avant C2Participation : A2, A3, B2, C1, C2
- Cindy MizellechœursParticipation : A1, C1
- Catherine RussellchœursParticipation : A1, B1, B2, C1
- Brenda White-KingchœursParticipation : D2
Toutes les compositions sont de Walter Becker/Donald Fagen. Neuf titres, attributions réparties sur les quatre faces du LP. Crédits instrumentaux détaillés provenant de la discographie complémentaire de l’album ; les notes de pochette de Fagen lui-même confirment plusieurs solistes et invités. Bill Charlap : Rhodes sur Godwhacker, piano sur Pixeleen selon les crédits détaillés. Produit par Becker/Fagen ; mixé par Elliot Scheiner.
Également en SACD : Everything Must Go
Comment Michael entend cette édition
Impression d’écoute · reformulée d’après la vidéo
Michael évoque ensemble Everything Must Go et Two Against Nature, saluant la dynamique, le niveau de détail, la scène sonore et le faible bruit de surface des éditions AP 45 RPM, qu’il préfère aux éditions Record Store Day comparées. Ce passage constitue une appréciation commune aux deux parutions.
🎧 Critique vidéo : New Analogue Production: 2 Great Steely Dan! + Thoughts on AP vs. MoFi
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