West Side Story : Broadway devient une conversation à trois
Un piano, une contrebasse et une batterie : André Previn n’a pas besoin d’un ensemble plus large pour ouvrir le monde de West Side Story. Les mélodies de Leonard Bernstein contiennent déjà une tension dramatique, mais doivent ici fonctionner sans décor, dialogues ni orchestre de théâtre. Cette réduction de l’effectif est au cœur de l’attrait de l’album. Previn, Red Mitchell et Shelly Manne abordent le matériau comme un trio de jazz souple. Ceux qui connaissent la comédie musicale retrouvent des idées reconnaissables sous un autre éclairage. Les autres découvrent huit pièces dont l’attrait ne dépend pas de la connaissance de l’intrigue.
L’album est enregistré les 24 et 25 août 1959 au studio de Contemporary Records à Los Angeles. Ces deux jours établissent un cadre clair : trois musiciens, un répertoire commun et assez de contrastes pour soutenir un LP entier. Bernstein compose la musique, Stephen Sondheim écrit les paroles originales. Aucun rôle théâtral n’est chanté dans cet enregistrement instrumental. Les mots restent à l’arrière-plan des chansons, tandis que le trio développe sa conversation par le toucher, le phrasé et le rythme. Reconnaissance et transformation peuvent donc être deux plaisirs complémentaires de l’écoute.
Le piano de Previn est central, mais un trio intéressant ne se comprend pas uniquement par sa mélodie principale. La basse de Mitchell et la batterie de Manne déterminent aussi l’espace d’une phrase et la direction possible de la musique. L’instrumentation montre qu’il s’agit de plus qu’une transcription orchestrale réduite. La basse relie les lignes, la batterie ajuste les accents et le piano n’a pas à occuper chaque ouverture. Une question traverse les deux faces : comment trois musiciens remodèlent-ils une musique dont l’impact dramatique original dépendait aussi d’un ensemble beaucoup plus grand ? Leur interaction apporte la réponse.

Huit pièces entre attente, danse et intimité
Something’s Coming ouvre la face A avec un titre qui suggère déjà l’attente. Il est suivi de Jet Song, puis de Tonight et I Feel Pretty. L’enchaînement réunit plusieurs énergies : perspective de nouveauté, groupe affirmant son identité, rencontre personnelle et affirmation exubérante de soi. Dans le trio, elles deviennent des caractères musicaux accessibles sans texte chanté. Écoutez ce qui rend chaque mélodie immédiatement reconnaissable et les endroits où un accent rythmique différent propose une autre compréhension d’une phrase connue.
La face B commence par Gee, Officer Krupke! et se poursuit avec Cool pour arriver à Maria et America. Le contraste entre ces pièces offre une riche matière aux trois instruments. Un numéro comique incisif, une exploration de la tension et de la retenue, un nom placé au centre d’une mélodie et une conclusion associée au mouvement composent une suite engageante. Il n’est pas obligatoire de considérer chaque interprétation comme l’illustration directe d’une scène. Le disque invite aussi à séparer ces mélodies de leur contexte théâtral pour mesurer leur force comme idées musicales autonomes.
Les proportions ajoutent une autre dimension. Le premier morceau, Something’s Coming, dure 2:35, tandis qu’I Feel Pretty reçoit beaucoup plus d’espace avec ses 6:45. Maria, à 5:29, se place entre le plus court Cool et le final America. Les durées ne disent pas ce qui se passe dans chaque solo, mais montrent que le trio n’impose pas une forme uniforme à chaque morceau. Certaines pièces restent compactes, d’autres disposent de plus de temps. Le vinyle rend cet équilibre facile à apprécier : quatre titres avant de retourner le disque, quatre ensuite, avec une courte pause liée au support qui permet d’aborder consciemment le second chapitre.

Previn, Mitchell et Manne : trois points de vue musicaux autonomes
André Previn, Red Mitchell et Shelly Manne jouent sur les huit titres. Leurs crédits n’exigent pas de précisions compliquées morceau par morceau. L’exploration la plus intéressante se fait à l’écoute : comment l’attention passe-t-elle entre les trois voix ? Le piano peut porter à la fois mélodie et harmonie. La contrebasse offre une autre articulation et son propre sens du temps. La batterie soutient, commente et ouvre la ligne. Ces fonctions sont distinctes, mais constamment négociées. C’est une raison de l’immédiateté du trio : chaque décision modifie l’espace disponible pour les deux autres.
Suivez la mélodie d’un morceau familier lors d’une écoute, puis surtout son accompagnement à la suivante. Remarquez comment une question musicale peut continuer lorsque le piano se fait brièvement plus discret. Ou concentrez-vous sur la manière dont basse et batterie créent un terrain commun sans remplir la même fonction. Ce sont des invitations à découvrir davantage dans un air connu, et non des conditions pour apprécier le disque. Un programme issu d’une comédie musicale est particulièrement accueillant : les compositions orientent tout en laissant aux musiciens une grande liberté pour répondre au matériau musical et dialoguer entre eux.
Lester Koenig produit l’enregistrement et Roy DuNann assure la prise de son. Tous deux sont essentiels à son histoire, mais ne doivent pas être comptés parmi les trois interprètes. Le studio Contemporary fournit le cadre pratique et technique de cette petite formation. Pour les collectionneurs, le lien entre label, producteur et ingénieur du son mène utilement à d’autres disques du même environnement. La raison principale de s’attarder sur cet album est toutefois le trio : trois instruments contrastés affrontant une tâche commune qui dépasse la présentation de thèmes connus. Les mélodies constituent le point de départ ; le dialogue entre musiciens ouvre la voie à la découverte.
L’édition Contemporary sur vinyle de 180 grammes
Cette réédition appartient à la Contemporary Records Acoustic Sounds Series de Craft Recordings. Elle présente l’album sur un LP de 180 grammes, à 33⅓ RPM en stéréo. Bernie Grundman assure le mastering et la gravure des laques, les bandes originales étant identifiées comme source. Le disque est pressé chez Quality Record Pressings, avec une pochette de Stoughton Printing. Le numéro d’édition CR00390 et la référence boutique ACONC 390 permettent de distinguer cette version des autres publications de ce répertoire. Il s’agit de l’enregistrement de Previn avec Mitchell et Manne, et non de la distribution théâtrale ni d’une autre interprétation jazz de la même comédie musicale.
Ces détails de production aident à choisir une édition, mais doivent laisser place à la musique. Un seul LP maintient les proportions claires du programme, et ses deux faces répartissent les huit titres en groupes accessibles. Les amateurs de trio avec piano trouveront un disque dont le répertoire est inséparable du caractère de l’ensemble. Ceux qui viennent par Bernstein découvriront la vie de ses thèmes dans une formation instrumentale plus réduite. L’album est donc à la fois une expérience autonome et un complément fécond à un enregistrement de la comédie musicale déjà connu, invitant à la comparaison sans en dépendre.
La pochette originale utilise le tableau de Ben Shahn de 1939 Handball. Ce lien entre arts visuels et musique est un aspect séduisant de l’histoire graphique de l’album ; les illustrations de cette page sont indépendantes et ne copient pas le tableau. Michael 45 expédie les commandes depuis Hilden, en Allemagne, permettant aux clients d’Allemagne et de l’Union européenne de commander sans importer eux-mêmes des États-Unis ni attendre le dédouanement. Si vous souhaitez acheter West Side Story d’André Previn en vinyle, cette édition Contemporary est présentée avec les crédits complets des musiciens et l’ordre des huit titres pour vous aider à la situer dans votre collection.
La disponibilité actuelle et les informations de livraison figurent près des boutons d’achat ; cette description d’édition ne constitue pas une indication de stock.
Série : Contemporary – les 24 disques : le jazz ensoleillé de Los Angeles
Musiciens
Musiciens et état de la documentation des crédits. Les références aux morceaux correspondent à la liste des titres.
- André PrevinPortrait de référence : 2012pianoParticipation : les huit pistes
- Red MitchellPortrait existant ; ne représente pas la séancecontrebasseParticipation : les huit pistes
- Shelly MannePortrait existant ; ne représente pas la séancebatterieParticipation : les huit pistes
Production et notes : Lester Koenig. Prise de son : Roy DuNann. Tableau de couverture : Ben Shahn, Handball (1939). Musique : Leonard Bernstein ; paroles originales : Stephen Sondheim. Mastering et gravure des laques : Bernie Grundman. Pressing : QRP.










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