Un quintette rodé et un dernier automne chez Prestige
Cookin’ With The Miles Davis Quintet nous plonge dans le travail commun d’un groupe dont les noms deviendront les pierres angulaires de nombreuses collections de jazz : Miles Davis, John Coltrane, Red Garland, Paul Chambers et Philly Joe Jones. Rudy Van Gelder enregistre le quintette à Hackensack pour Prestige, sous la supervision de Bob Weinstock. Deux importantes séances, les 11 mai et 26 octobre 1956, fournissent le matériau de quatre albums : Cookin’, Relaxin’, Workin’ et Steamin’. Elles marquent la dernière étape de la période Prestige de Davis et s’inscrivent dans le contexte de son passage chez Columbia.
Pour cet album précis, une distinction compte : les cinq morceaux de Cookin’ proviennent tous du 26 octobre 1956. Évoquer ensemble les deux séances ne signifie pas que chacun des quatre disques puise dans les deux séances. Cookin’ paraît en 1957, premier disque publié de cet ensemble. Il préserve une partie cohérente d’un répertoire que les musiciens ont développé ensemble. Plutôt que cinq projets de studio sans rapport placés côte à côte, le programme présente un langage partagé qui traverse ballade, blues et morceaux plus animés.
Davis n’a pas à déterminer chaque instant de la musique dans ce cadre. Garland, Chambers et Jones forment une section rythmique qui offre aux solistes à la fois soutien et résistance. Le ténor de Coltrane introduit une autre articulation et une autre densité aux côtés de la trompette. Les voix différentes contribuent à la force du groupe : la cohésion n’exige pas que chacun choisisse les mêmes accents. Suivez les transitions entre musiciens plutôt que de traiter chaque morceau comme une simple série de solos importants. Souvent, l’accompagnement aide à expliquer pourquoi une phrase soliste particulière produit son effet précisément à cet instant.

My Funny Valentine et la force d’un quartet
L’album s’ouvre sur My Funny Valentine de Richard Rodgers et Lorenz Hart. Malgré le nom de quintette sur la pochette, cette interprétation est enregistrée en quartet : John Coltrane n’y participe pas. Miles Davis est accompagné de Red Garland, Paul Chambers et Philly Joe Jones. Ce simple détail de formation change la perspective. La trompette ne partage pas son propos avec un second instrument à vent, ce qui permet une relation plus directe avec le piano. Le disque commence par la concentration plutôt que par une présentation démonstrative des cinq membres du groupe.
Une ballade pose des questions différentes de celles d’un morceau rapide. Où une phrase se termine-t-elle vraiment ? Combien de temps une note reste-t-elle dans la mémoire musicale après avoir cessé de sonner ? Quand Garland fait-il avancer le propos, et quand la section rythmique laisse-t-elle le premier plan ouvert ? Ce sont des pistes utiles pour aborder cette première interprétation. Elles n’exigent pas de jugement préalable sur un système d’écoute ou un pressing particulier. L’organisation de la musique suffit à donner envie de prendre son temps et de remarquer comment mélodie, accords et pulsation se partagent entre les quatre musiciens.
Blues By Five ouvre ensuite l’espace au quintette complet. Coltrane revient, et ce blues, considérablement plus long, laisse place aux voix contrastées. Sa juxtaposition avec la ballade initiale explique un aspect important de l’album : Davis présente le groupe sous plusieurs facettes. Red Garland affirme sa personnalité tout au long du programme. Son piano combine précision rythmique et perspective harmonique, servant à la fois d’accompagnement et de voix soliste. Chambers et Jones fournissent une assise mobile plutôt qu’une grille rigide, permettant à la trompette et au ténor de réagir différemment au même cadre.

Cinq morceaux et plusieurs manières de jouer ensemble
Airegin de Sonny Rollins apporte un autre caractère au programme. Passer du long blues à cette pièce demande déjà une autre approche de la forme et de l’élan. Tune Up et When Lights Are Low suivent comme deux étapes supplémentaires, indexées séparément sur ce SACD. Ce dernier standard est signé Benny Carter et Spencer Williams. L’album n’est donc pas un programme composé exclusivement d’œuvres de Davis. Le travail collectif sur différents morceaux montre à quel point un ensemble se reconnaît à sa manière de jouer, quel que soit le nom figurant au crédit de composition.
Lors d’une écoute complète, essayez de vous concentrer sur la section rythmique. Chambers fait plus que fournir les fondamentales : sa contrebasse relie les différentes interventions dans une ligne continue. Jones peut encourager un soliste, souligner une tournure de phrase et préparer l’entrée suivante. Garland fournit des repères harmoniques sans donner l’impression d’une interprétation enfermée dans une grille d’accords statique. Lors d’une écoute suivante, ramenez votre attention à la trompette et au ténor. Leurs différences deviennent plus apparentes une fois que vous avez pris conscience de l’activité musicale commune à laquelle tous deux répondent.
Pour les collectionneurs, Cookin’ possède donc deux identités complémentaires. C’est un album autonome, facile à aborder, avec une interprétation en quartet précisément identifiable au début. Il appartient aussi au vaste ensemble d’enregistrements Prestige qui documente ce quintette à travers plusieurs parutions. Il n’est pas nécessaire de posséder les quatre albums pour l’apprécier. Ajouter ensuite les autres disques fournit d’autres perspectives sur le même groupe et le même répertoire. Cela fait de Cookin’ un repère précieux pour une collection organisée non seulement autour de titres célèbres, mais aussi autour des relations entre musiciens.
L’édition Kevin Gray sur SACD hybride mono
Cette édition porte la référence CPRJ 7094 SA : il s’agit du SACD hybride mono Analogue Productions de la Prestige Mono Series, masterisé par Kevin Gray chez Cohearent Audio. Il est présenté dans une petite pochette de style LP et doit être distingué d’un SACD Analogue Productions antérieur du même album. Artiste, titre et label ne constituent donc pas une description complète de l’édition. Numéro de catalogue, présentation et mastering aident à identifier la parution proposée parmi les différentes rééditions de cet enregistrement souvent collectionné.
Analogue Productions décrit la série mono comme masterisée à partir des bandes master mono originales. Cette déclaration identifie la source annoncée par l’éditeur ; elle ne précise pas pour autant la résolution DSD ou le convertisseur utilisés. Le disque hybride contient une couche CD et une couche SACD. La première fonctionne dans un lecteur CD ordinaire, tandis que la seconde exige un équipement compatible avec la lecture SACD. Le programme reste mono. Un support moderne ne transforme pas rétrospectivement l’enregistrement en séance stéréo et ne redistribue pas le groupe original dans un nouvel agencement stéréo.
Il s’agit précisément d’un disque optique. Les descriptions telles que vinyle de 180 grammes, 45 RPM ou pressing vinyle QRP appartiennent à d’autres éditions et ne sont pas des caractéristiques de ce produit. La liste des titres présente cinq morceaux numérotés séparément, tandis que la section des musiciens attribue Coltrane aux morceaux deux à cinq et confirme son absence sur My Funny Valentine. Le groupe, l’histoire de l’album et cette édition précise restent ainsi cohérents jusque dans le détail de chaque interprétation. Vous commandez auprès de Michael 45 en Allemagne. Nous organisons l’importation depuis les États-Unis et l’expédition depuis Hilden.
Dans le magazine : Miles Davis : A History in Records
Également en vinyle mono : Cookin’ With The Miles Davis Quintet
Autres disques de Miles Davis : Kind of Blue · Seven Steps To Heaven
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Musiciens
Participants et état de la documentation des crédits. Les références aux morceaux correspondent à la liste des titres.
- Miles DavistrompetteParticipation : Les 5 pistes
- Red GarlandpianoParticipation : Les 5 pistes
- Paul ChamberscontrebasseParticipation : Les 5 pistes
- « Philly » Joe JonesbatterieParticipation : Les 5 pistes
- John Coltranesaxophone ténorParticipation : morceaux 2–5 · absent sur My Funny Valentine
Les numéros de morceaux et les références aux faces correspondent à la liste des titres de cette édition.












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