Deux personnes, quatorze chansons
Ella Fitzgerald et Joe Pass se retrouvent aux RCA Studios de Los Angeles durant l’hiver 1976. Les séances des 29 et 30 janvier et du 8 février produisent Fitzgerald and Pass… Again : quatorze titres, une voix et une guitare, avec Norman Granz à la production. Après Take Love Easy en 1973, le duo poursuit une collaboration où chaque proposition musicale de l’un peut trouver un écho direct chez l’autre.
Une si petite formation demande de la confiance. Sans accompagnement supplémentaire, les rôles mélodiques, harmoniques et rythmiques se répartissent à découvert entre deux musiciens. Pass peut donner plusieurs rôles à sa guitare, tandis que Fitzgerald dispose d’espace pour modeler chaque phrase. Le cadre attire l’attention sur des choix moins apparents dans un arrangement plus large.

Ellington, une vieille connaissance
Quatre morceaux ramènent à Duke Ellington : « I Ain’t Got Nothin’ But The Blues », « I Didn’t Know About You », « All Too Soon » et « Solitude ». Fitzgerald les avait tous enregistrés pour son songbook Ellington de 1957. Sur ce premier « Solitude », une guitare l’accompagnait déjà, jouée par Barney Kessel. Dix-neuf ans plus tard, elle revient à la chanson avec Joe Pass.
Ce lien ajoute une dimension au disque. Les chansons portent leurs histoires, tandis que le partenariat ouvre d’autres possibilités. Les auditeurs familiers des songbooks de Fitzgerald rencontrent un répertoire connu dans un cadre intime. Les nouveaux venus découvrent une chanteuse dont le répertoire s’est développé sur des décennies et accueille toujours de nouveaux échanges musicaux.

Du blues à One Note Samba
La sélection dépasse largement Ellington. « My Old Flame », « That Old Feeling » et « I’ve Got The World On A String » tracent des chemins à travers le cinéma et la chanson populaire américaine. « Nature Boy » rappelle Nat King Cole, tandis que « Tennessee Waltz » évoque les univers country et pop. « One Note Samba » d’Antônio Carlos Jobim conclut l’album.
Quatorze chansons dessinent un vaste parcours musical dans cette formation volontairement réduite. Fitzgerald remporte pour l’album le Grammy 1977 de la meilleure interprétation vocale jazz. Le prix fait partie de son histoire ; le disque continue d’inviter à suivre la voix et la guitare sur une face entière et à découvrir le caractère individuel de chaque chanson.
L’édition Pablo d’Analogue Productions
AAPJ 160 contient les quatorze titres originaux sur un LP de 180 grammes à 33⅓ RPM. Il est pressé chez Quality Record Pressings et présenté dans une pochette tip-on à une seule poche, fabriquée par Stoughton Printing. Il s’agit de la version en un seul LP de la série Pablo d’Analogue Productions, une distinction importante lors de la comparaison des éditions.
La gravure de la laque est attribuée à Stan Ricker chez AcousTech Mastering ; elle est réutilisée par l’intermédiaire d’éléments métalliques existants. Les crédits de mastering plus généraux diffèrent selon les descriptions publiées ; la gravure clairement identifiée sert donc ici de référence. Le soin apporté à décrire l’édition semble particulièrement approprié à une musique qui accorde tant de valeur à l’attention individuelle.
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Série : Pablo – les 30 disques, musiciens et le livre des sessions
Musiciens
Participants et état de la documentation des crédits. Les références aux morceaux correspondent à la liste des titres.
- Ella FitzgeraldchantParticipation : musiciens de l’album
- Joe PassguitareParticipation : musiciens de l’album
Ella Fitzgerald (chant), Joe Pass (guitare) — un duo sur les 14 titres. Enregistré les 29 et 30 janvier et le 8 février 1976 aux RCA Studios, Los Angeles. Production : Norman Granz. Ingénieur du son selon les crédits CD ultérieurs : Angel Balestier. Notes de pochette : Benny Green. Photographie : Phil Stern. Conception graphique : Norman Granz, Gribbitt!. Cette édition : laque gravée par Stan Ricker (AcousTech Mastering, à partir d’éléments métalliques existants), galvanoplastie par RTI, pressing chez Quality Record Pressings. Les sources divergent sur le crédit de mastering (Stan Ricker ou Doug Sax).








