Un blues qui a une histoire à raconter
Come To Find commence là où la tradition rencontre une voix individuelle. Doug MacLeod ouvre avec Bring It On Home, de Willie Dixon, puis parcourt surtout ses propres chansons. L’introduction est appropriée : le répertoire garde un lien clair avec l’histoire du blues tandis que son conteur suit son chemin. Des titres comme Since I Left St. Louis et When I Left Missouri inscrivent l’album dans un cadre fait de lieux, de départs et de regards en arrière.
Les séances ont lieu les 15 et 16 janvier 1994 chez Ocean Way Recording. Joe Harley produit, Michael C. Ross assure l’ingénierie du son et Dave Shiffman l’assiste. L’approche est volontairement directe : les interprétations sont enregistrées sur bande analogique deux pistes. Cela ne signifie pas qu’un disque soit gravé en direct pendant l’interprétation. Ce caractère direct tient d’abord aux décisions musicales fixées sur deux pistes pendant la séance, avant le travail ultérieur de fabrication de cette édition vinyle.
MacLeod est le chanteur et guitariste au centre des onze titres. Son rôle d’auteur compte autant. Aux côtés de la chanson de Dixon, le programme comprend Rollin’ & Tumblin’, crédité à McKinley Morganfield, mieux connu sous le nom de Muddy Waters. Les neuf autres titres portent le nom de MacLeod, dont deux cosignés avec Danny Jesser. Le résultat s’appuie sur des repères familiers sans compter sur une succession de standards établis pour porter l’album.
La dominante acoustique offre un cadre adapté. Une seule guitare peut établir le rythme, fournir l’assise harmonique et répondre au chant. Lorsque ces fonctions ne sont pas absorbées par un grand arrangement, de petites décisions prennent du poids : pause avant la phrase suivante, durée d’une note ou figure prolongée sous la voix. Come To Find attire l’attention sur ces relations et sur un musicien qui traite les chansons comme des récits menés de bout en bout.

Des accompagnateurs aux fonctions distinctes
Quatre autres noms figurent aux côtés de MacLeod dans les crédits : Charlie Musselwhite à l’harmonica, Bill Stuve à la contrebasse, Jimi Bott à la batterie et Black Cherry aux chœurs. Ils ne constituent pas un groupe d’accompagnement inchangé sur chaque morceau. Musselwhite est documenté sur deux titres, Stuve sur six, Bott sur sept et Black Cherry sur un. Cette répartition révèle déjà un choix précis des couleurs ajoutées à l’album plutôt que d’appliquer le même arrangement partout.
L’harmonica entretient une affinité particulière avec la voix humaine dans le blues. Il peut infléchir une note, travailler le souffle et la rugosité, et rendre une brève réponse aussi singulière qu’une longue ligne. La participation de Musselwhite offre une autre voix narrative à côté du chant sans obliger l’album à abandonner son caractère fondamental. Comme l’invité n’est pas constamment présent, sa couleur instrumentale possède sa propre place au sein des différentes configurations du programme.
Contrebasse et batterie introduisent différentes formes de mouvement. La basse peut donner du poids à une figure de guitare et préciser sa direction harmonique. La batterie ne fait pas que marquer le temps : elle contribue à déterminer si l’accompagnement semble ouvert ou dense. Voix, cordes et rythme permettent ainsi diverses relations. Un album de blues n’a pas besoin de faire intervenir les mêmes musiciens sur tous les morceaux pour trouver son unité ; un conteur central reconnaissable peut assurer cette continuité.
Écouter ces fonctions changeantes offre une manière utile d’aborder le disque. À un endroit, la guitare porte plusieurs responsabilités ; ailleurs, le mouvement est partagé avec d’autres musiciens. Les chœurs introduisent une autre présence humaine. Les crédits d’accompagnement ne se limitent donc pas à ajouter des noms à côté de celui de l’artiste principal. Ils expliquent comment onze chansons dans un langage commun peuvent suggérer différentes dimensions et différents degrés d’intimité sans perdre leur lien.

Onze morceaux entre départ et retour
Les quatre faces de cette édition à 45 RPM donnent au programme un contour clair. La face A contient Bring It On Home et Since I Left St. Louis, rapprochant dès l’ouverture un auteur familier et le regard propre à MacLeod. Les titres passent déjà du retour au départ. Inutile de leur imposer une intrigue fixe, mais l’idée récurrente du voyage et du regard en arrière donne un cadre séduisant à leur succession.
La face B passe par Mystery Woman et le morceau-titre pour arriver à Old Virginia Stomp. Avec un peu moins de deux minutes, ce dernier est le morceau le plus court. Le rapport entre formes compactes et chansons plus longues contribue à l’organisation du programme. Toutes les idées n’exigent pas la même durée ni le même développement. Ces changements gardent l’attention sur chaque morceau plutôt que de faire d’un minutage uniforme le principe directeur.
La face C réunit Master’s Plan, Ain’t No Grave et les six minutes de Lost Something This Morning. La cosignature de MacLeod avec Danny Jesser sur Master’s Plan ajoute un autre aspect au répertoire. Par ailleurs, la formulation familière du titre Ain’t No Grave ne doit pas conduire à confondre automatiquement cette chanson avec tous les autres enregistrements portant ce titre : MacLeod est ici l’auteur crédité. L’album possède une succession précise de compositions et d’auteurs, et non un simple ensemble de titres de blues interchangeables.
La dernière face associe Rollin’ & Tumblin’ à Any Port In A Storm, deuxième collaboration avec Jesser, et à When I Left Missouri. La fin revient ainsi à l’imaginaire géographique introduit au début. Dans tout l’album, des espaces narratifs étendus alternent avec des propositions brèves. Les auditeurs qui voient dans le blues un art du récit autant qu’un style musical ont une raison claire d’écouter le programme complet et de suivre sa progression au-delà de morceaux de démonstration isolés.
Deux disques à 45 RPM et un parcours de production défini
La référence Analogue Productions AAPB 1027-45 répartit les onze titres sur deux LP de 180 grammes à 45 RPM. Kevin Gray, chez Cohearent Audio, grave à partir du master analogique original ; Gary Salstrom assure la galvanoplastie et Quality Record Pressings fabrique les disques. Une pochette gatefold Stoughton complète l’ensemble. Les responsabilités des séances originales comme de la réédition sont donc identifiables, au-delà d’une vague affirmation de qualité audiophile.
Quatre faces nécessitent des changements plus fréquents tout en divisant le programme en étapes claires. La face A comporte deux chansons et chacune des autres trois. La vitesse appartient au format de fabrication de cette édition. Elle ne modifie pas le nombre de chansons et ne transforme pas l’enregistrement original sur bande en séance de gravure directe. Avec un album fondé sur une approche aussi directe, cette distinction permet de bien comprendre méthode d’enregistrement et production vinyle ultérieure.
Les séances deux pistes de 1994 donnent de l’importance aux décisions prises pendant l’interprétation. L’équilibre et les interactions devaient se construire à cet instant. La gravure réalisée par la suite transpose l’enregistrement ainsi obtenu sur cette édition vinyle précise. Ce lien intéressera qui souhaite comprendre la fabrication d’un album et le travail de sa réédition. L’histoire technique apporte un contexte ; les chansons donnent à ce travail sa finalité et son intérêt durable.
Pour découvrir Doug MacLeod chanteur, guitariste et auteur, ou collectionner cet album à 45 RPM, cette édition présente un programme cohérent, des accompagnements variés autour d’une personnalité musicale affirmée. Vous commandez auprès de Michael 45 en Allemagne. Nous organisons l’importation depuis les États-Unis et l’expédition depuis Hilden.
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Musiciens
Musiciens et crédits documentés. Les références aux morceaux correspondent à la liste des titres.
- Doug MacLeodPortrait de référence ultérieur : 2011guitare, chantParticipation : les onze morceaux
- Charlie MusselwhitePortrait de référence : 1971harmonicaParticipation : deux morceaux ; répartition dans la séquence 45 RPM non confirmée
- Bill StuvecontrebasseParticipation : six morceaux ; répartition dans la séquence 45 RPM non confirmée
- Jimi BottbatterieParticipation : sept morceaux ; répartition dans la séquence 45 RPM non confirmée
- Black CherrychœursParticipation : un morceau ; répartition dans la séquence 45 RPM non confirmée
15–16 janvier 1994, Ocean Way Recording. Joe Harley : production ; Michael C. Ross : ingénierie du son ; Dave Shiffman : assistant ; Mary Katherine Aldin : notes. Enregistré directement sur bande analogique deux pistes, pas de gravure directe sur disque. Kevin Gray / Cohearent Audio : gravure ; Gary Salstrom : galvanoplastie ; QRP : pressing. Les crédits des invités utilisent les positions d’une séquence à deux faces ; ils n’ont pas été reportés sans vérification sur cette édition à quatre faces.









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