Bloodlines réunit les premières années du catalogue de Blood, Sweat & Tears dans un coffret qui inscrit les transformations du groupe dans un récit continu. Le premier album commence par le mélange agité d’Al Kooper entre art de la chanson, cuivres, blues et arrangements de studio. Les trois albums suivants placent la voix puissante de David Clayton-Thomas au centre d’un groupe de plus en plus capable de faire fonctionner les cuivres comme un instrument rythmique rock ou un ensemble de jazz, selon le morceau.
« I Can’t Quit Her » associe une mélodie immédiate à une écriture de cuivres qui ne cesse de modifier la pression émotionnelle. « God Bless the Child » montre la première formation abordant plus longuement le répertoire du jazz et du blues. Sur l’album éponyme, « You’ve Made Me So Very Happy » laisse à Clayton-Thomas la place de passer d’un couplet intime au déploiement de tout l’ensemble. Blood, Sweat & Tears 3 ajoute « Lucretia MacEvil », dont le riff et la ponctuation des cuivres créent un caractère plus dur, tandis que B, S & T 4 s’ouvre sur l’énergique « Go Down Gamblin’ ». Pris ensemble, les albums révèlent une réinvention au sein d’une identité reconnaissable de groupe à cuivres.
Il s’agit d’une édition en coffret 33⅓ RPM avec un livret. L’ensemble convient aux collectionneurs qui souhaitent réunir dans une même présentation physique la période fondatrice du groupe et ses changements de personnel. Écoutés comme des albums complets, les morceaux familiers retrouvent leur place dans un corpus bien plus varié et ambitieux. Le livret accompagne un programme qui gagne à être suivi dans l’ordre chronologique, de la vision initiale de Kooper à la synthèse de plus en plus assurée des formations suivantes du groupe. Michael 45 propose le coffret en Allemagne et l’expédie depuis Hilden, supprimant la nécessité d’une importation personnelle depuis les États-Unis et l’attente douanière associée.
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