Pastel Blues commence par les claquements de mains et les percussions dépouillés de « Be My Husband », Nina Simone transformant la répétition en exigence, en rituel et en vulnérabilité. Sa voix peut sembler à la fois exposée et inébranlable. L’album se poursuit à travers un répertoire de blues, de folk et de spirituals, mais chaque morceau est transformé par son sens précis de l’échelle dramatique.
« Nobody Knows You When You’re Down and Out » apporte un esprit forgé par l’épreuve à un blues familier, tandis que « Strange Fruit » est abordé avec une grave concentration et sans geste superflu. « Sinnerman » occupe toute la vaste séquence finale. Piano et percussions instaurent un mouvement implacable ; la voix de Simone conduit le récit à travers la tentative de fuite, la peur croissante et les appels répétés à trouver refuge. La prestation grandit par sa durée, chaque retour augmentant sa force. Ailleurs, des chansons plus calmes révèlent toute la tension qu’elle peut contenir à faible intensité. Le titre suggère des couleurs sourdes, mais la gamme émotionnelle est tout sauf pâle : intimité, accusation, chagrin et urgence spirituelle échangent continuellement leurs places. « End of the Line » ajoute une autre nuance de résignation, tandis que « Tell Me More and More and Then Some » permet à Simone d’équilibrer sensualité et distance prudente. Ces morceaux plus courts font de l’épopée finale un aboutissement plutôt qu’un épisode isolé.
Cette édition Philips Acoustic Sounds présente Pastel Blues sur vinyle de 180 grammes. C’est une présentation matérielle destinée aux collectionneurs qui souhaitent suivre tout le parcours, de l’invocation initiale dépouillée à la longue poursuite finale. Michael 45 conserve les produits en Allemagne et les expédie depuis Hilden, ce qui permet aux clients d’Allemagne et de toute l’UE d’éviter une importation personnelle des États-Unis et l’attente douanière associée.
Série : Nina Simone chez Philips – trois disques, 1964 et 1965







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