Deux voix se retrouvent
Ella Fitzgerald et Louis Armstrong se retrouvent sur Ella and Louis Again, mais le titre promet davantage que la répétition d’une idée à succès. À leur album de 1956, Ella and Louis, succède en 1957 une collaboration de plus grande ampleur : dix-neuf titres répartis sur deux disques. Norman Granz produit les séances, enregistrées à Hollywood les 23 et 31 juillet et le 13 août 1957. Les studios documentés sont Capitol et Radio Recorders. Verve a publié l’album en octobre de cette année-là. Ces retrouvailles laissaient ainsi place à un programme où la complicité comme l’indépendance pouvaient compter.
Fitzgerald et Armstrong apportent des personnalités vocales nettement différentes. Leur collaboration ne saurait se réduire à la rencontre plaisante de deux noms célèbres. Une phrase chantée peut changer de sens par l’attaque d’une syllabe, un décalage rythmique ou le poids donné à un mot. Dans un duo, deux manières de façonner une chanson se rencontrent. Le répertoire fournit des mélodies et des paroles qui possèdent déjà une vie au-delà de ces enregistrements. L’art consiste à enrichir cette histoire par une voix personnelle, sans l’effacer. La rencontre porte donc autant sur l’interprétation que sur le plaisir de retrouver des voix familières.
L’une des caractéristiques déterminantes de l’album est que tous les morceaux ne sont pas des duos. Douze interprétations vocales communes côtoient trois titres chantés en solo par Fitzgerald et quatre par Armstrong. « Again » signifie aussi donner à chacun un espace indépendant. Cette alternance participe à la forme de l’album : une voix familière peut d’abord se présenter seule, puis être perçue autrement dans sa relation avec l’autre. Cela donne au programme davantage de souplesse que ne le laisse supposer la simple association des deux noms. C’est une proposition séduisante pour une collection : un enregistrement collaboratif qui préserve délibérément les différences entre ses figures principales.

Dix-neuf chansons, des perspectives changeantes
« Don’t Be That Way » ouvre le programme, suivi de « Makin’ Whoopee », « They All Laughed », « Comes Love » et « Autumn in New York ». Duo et chant solo alternent déjà sur cette première face : Armstrong chante seul « Makin’ Whoopee », tandis que Fitzgerald interprète « Comes Love ». La deuxième face passe de la longue interprétation de « Let’s Do It (Let’s Fall in Love) » de Cole Porter à « Stompin’ at the Savoy », « I Won’t Dance » et « Gee Baby Ain’t I Good to You ». « Let’s Do It » fait partie des titres chantés en solo par Armstrong. L’enchaînement propose ainsi différentes relations entre les voix sans abandonner le cadre d’un album commun.
La troisième face comprend « Let’s Call the Whole Thing Off », « These Foolish Things », « I’ve Got My Love to Keep Me Warm », « Willow Weep for Me » et « I’m Puttin’ All My Eggs in One Basket ». Fitzgerald chante seule « These Foolish Things », et Armstrong interprète « Willow Weep for Me ». La dernière face réunit « A Fine Romance », « Ill Wind », « Love Is Here to Stay », « I Get a Kick Out of You » et « Learnin’ the Blues ». « Ill Wind » par Fitzgerald et « I Get a Kick Out of You » par Armstrong offrent de nouveau des perspectives individuelles au milieu des duos. La liste des titres devient une petite carte des points de vue changeants du programme.
George et Ira Gershwin, Irving Berlin, Cole Porter, Jerome Kern et d’autres auteurs de chansons fournissent un vaste fonds commun. L’attrait ne se limite pas à reconnaître des titres familiers. Vous pouvez suivre la manière dont une interprétation solo crée un cadre de conversation différent de celui d’un duo, dont une pause peut prendre du sens et dont les accompagnateurs restent réceptifs à des caractères vocaux distincts. Dix-neuf morceaux permettent à ces questions de revenir dans plusieurs combinaisons. Ce double LP préserve le programme complet de l’édition, sans réduire l’album à une sélection ultérieure composée uniquement des morceaux chantés ensemble. Les interprétations individuelles appartiennent à sa conception d’ensemble.

Un quartet d’accompagnement avec sa propre identité
Oscar Peterson au piano, Herb Ellis à la guitare, Ray Brown à la contrebasse et Louie Bellson à la batterie forment le socle instrumental. Certaines sources nomment Bellson Louis Bellson ; les deux noms désignent le même musicien. Ces quatre interprètes ne sont pas un groupe d’accompagnement anonyme derrière deux vedettes. Leurs instruments déterminent les relations harmoniques et rythmiques disponibles sous les voix. Piano et guitare possèdent des attaques et des durées de résonance différentes, tandis que contrebasse et batterie relient le temps au mouvement. Ces responsabilités restent essentielles même lorsque les paroles chantées attirent d’abord l’attention. Suivre les instruments peut révéler un autre ensemble de relations au sein d’une chanson familière.
Armstrong apparaît aussi en tant que trompettiste, mais pas sur les dix-neuf titres. Les crédits de trompette documentés concernent « Autumn in New York », « Stompin’ at the Savoy », « Gee Baby Ain’t I Good to You », « Willow Weep for Me », « Love Is Here to Stay » et « Learnin’ the Blues ». La trompette intervient donc à des endroits précis du programme, au lieu de constituer une voix supplémentaire continue sur tout le disque. Cela ouvre une autre perspective sur Armstrong : chant et jeu instrumental sont deux expressions de la même personnalité, mais leur emploi réel est propre à chaque enregistrement. La section consacrée aux musiciens conserve explicitement ces attributions par morceau.
La production de Norman Granz inscrit les participants dans un cadre à taille humaine. Deux voix principales, un quartet d’accompagnement, quelques interventions de trompette et un vaste programme de chansons suffisent à soutenir un album d’une longueur considérable. Il n’est pas nécessaire d’ajouter un grand orchestre à sa description. La petite formation rend particulièrement intéressant l’équilibre entre voix et instruments. Qu’est-ce qui soutient une phrase lorsqu’un chanteur prolonge un peu une syllabe ? Comment l’attention change-t-elle lorsqu’un duo laisse place à un titre chanté en solo ? Ces questions font apparaître les accompagnateurs comme des contributeurs et donnent aux chansons familières un intérêt au-delà de leur reconnaissance immédiate.
Le double LP complet en mono
Cette publication, référencée AVER 74701, paraît dans l’Acoustic Sounds Series sous la forme d’un double LP à 33⅓ RPM en mono. Ryan K. Smith chez Sterling Sound assure le mastering à partir des bandes analogiques originales. Les disques de 180 grammes sont fabriqués chez Quality Record Pressings et présentés dans une pochette gatefold Stoughton de type tip-on. Le mono est une composante essentielle de l’identité de cette édition. La mention historique « Panoramic True High Fidelity » sur la pochette ne doit donc pas être lue comme une désignation stéréo. Ce qui compte est le format réellement proposé, ainsi que les détails de production précis associés à cette réédition.
Les quatre faces donnent aux dix-neuf morceaux leur disposition particulière : cinq titres sur la première face, quatre sur la deuxième et cinq sur chacune des deux suivantes. Le format à 33⅓ RPM préserve des portions plus longues du programme entre les changements de face. Pour un album construit autour de l’alternance de duos et de titres chantés en solo, cette présentation est cohérente. L’enchaînement peut se développer sans nécessiter une nouvelle manipulation du disque après chaque chanson. Cela n’établit aucune hiérarchie sonore générale entre les vitesses ; il s’agit de décrire le parcours d’écoute pratique de ce double LP et la disposition de son programme complet.
Vous commandez chez Michael 45 en Allemagne. Nous assurons l’importation depuis les États-Unis et l’expédition depuis Hilden. Ella and Louis Again invite à considérer deux grandes voix au-delà de leurs noms familiers, en s’attachant à la relation de chacune avec une chanson. Les titres chantés en solo comptent autant que les duos, et la trompette d’Armstrong peut être située aussi précisément que le piano de Peterson ou la guitare d’Ellis. Écouter le disque dans son ensemble permet à ces changements de participer à une rencontre continue sur quatre faces. Pour les mélomanes et les collectionneurs, c’est un attrait durable : l’histoire partagée gagne précisément en profondeur parce que chacun des interprètes conserve sa propre place.
Série : Verve – les 34 disques : voix, orgue et bossa nova
Musiciens
Musiciens et crédits documentés. Les références aux morceaux correspondent à la liste des titres.
- Ella Fitzgeraldréférence photographique ultérieure issue du lot 53chantParticipation : chant solo : A4, C2, D2 · Duos : autres morceaux sauf A2, B1, C4, D4
- Louis Armstrongréférence de portrait de 1953chant ; trompette sur certains titresParticipation : chant solo : A2, B1, C4, D4 · Autres parties chantées sauf A4, C2, D2 · Trompette : A5, B2, B4, C4, D3, D5
- Oscar Peterson1978 · référence photographique ultérieurepianoParticipation : Toutes les pistes
- Herb EllisguitareParticipation : Toutes les pistes
- Ray Brown1976 · référence photographique ultérieurecontrebasseParticipation : Toutes les pistes
- Louie Bellson1978 · référence photographique ultérieurebatterieParticipation : Toutes les pistes
19 titres : douze duos, trois titres chantés en solo par Ella et quatre par Armstrong. Armstrong joue de la trompette sur six titres identifiés séparément. Louie Bellson est également nommé Louis Bellson dans les sources.
🎧 Critique vidéo : The 20 Best Audiophile Analogue Production Editions (Still in Print 2021)
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