Sonny Stitt Blows the Blues resserre le champ sur une forme que le saxophoniste alto maîtrisait parfaitement, puis montre combien de caractères cette forme peut porter. Lou Levy est au piano, Leroy Vinnegar à la basse et Mel Lewis à la batterie. « Blue Devil Blues » s’ouvre sur l’articulation acérée et la longue assurance rythmique de Stitt, chaque phrase se tenant en équilibre entre la précision du bebop et l’attraction directe du blues.
« Frankie and Johnny » lui donne une mélodie narrative familière à remodeler, tandis que « The Birth of the Blues » se développe en une vaste déclaration qui permet au quartet de passer du swing à des passages plus lents et plus déclamatoires. Stitt joue de l’alto tout au long de l’album, ce qui concentre l’attention sur son son et la logique claire de ses lignes. Levy répond par des idées de piano nettes, et Vinnegar avec Lewis fournit le genre de propulsion naturelle qui permet au leader d’accélérer ou de se détendre sans perdre le centre. L’album rejette l’idée qu’un programme de blues doive être étroit sur le plan harmonique ou émotionnel. Le concis « Morning After Blues » apporte un dernier changement d’échelle et termine le programme avec la même intelligence mélodique directe qui anime les interprétations plus longues.
La Verve Acoustic Sounds Series présente ce titre sur deux LP de 180 grammes à 45 RPM. Quatre faces donnent au programme de huit morceaux un format de collection spacieux et invitent à écouter attentivement les différents modèles de blues plutôt qu’à les traiter comme les variations d’une seule humeur. C’est un excellent point d’entrée dans l’œuvre de Stitt et un ensemble gratifiant pour le connaisseur. Michael 45 conserve les disques en Allemagne et les expédie depuis Hilden, supprimant la nécessité d’une importation personnelle des États-Unis et l’attente en douane associée.

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